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SÉNÉGAL : UN DIALOGUE DE SOURD ENTRE AVEUGLES ET MUETS

SÉNÉGAL : UN DIALOGUE DE SOURD ENTRE AVEUGLES ET MUETS

Répondant à l’appel au pied du Président de la République au dialogue national face une situation crispée sur tous les fronts politique, économique et social, le Président de REWMI Idrissa SECK a été très positif dans sa proposition de la mise en pied d’un « Conseil Supérieur de la République » en tant ‘ qu’« institution pérenne (et non de circonstances) d’un dialogue national impliquant toutes les forces vives de la Nation (pouvoir, opposition, syndicats, secteur privé, milieux académiques, société civile dont les organisations de droits de l’homme, presse) pour mieux cerner nos intérêts nationaux et leur nécessaire hiérarchisation en vue d’éviter des ‘conflits de normes’»

Il serait dommage de nier la force de cette proposition en le repoussant d’un revers de la main comme si une telle initiative n’avait pas de sens dans ce contexte politique dominé par la politique politicienne dont la chape de plomb a tué le débat politique dans notre pays minorant ou zappant les questions essentielles et stratégiques, surtout lorsqu’elles proviennent de l’opposition significative et pas du moindre de ses leaders.

Peut-on et doit-on laisser un politicien juger de la sincérité et de la bonne foi d’un autre politicien surtout s’ils n’ont pas les mêmes intérêts et les mêmes objectifs politiciens pour la conservation ou l’acquisition du pouvoir? Voila un autre mal de notre pays où ce qui vient de l’ « autre » doit cribler au pilori au détriment des intérêts supérieurs de la Nation ! Voila un comportement qui doit être combattu pour que tout commence par le Sénégal et se termine par le Sénégal qui aura la force et l’intelligence d’agréger les lie,s salvateurs qui nous lient à nous-même mais aussi aux autres pays africains face à tous ces défis du monde dont nous sommes les maillons faibles !

Mais à dire que cette sortie du Président Idrissa SECK n’ont pas une motivation politicienne ? Nous n’allons pas avoir la mémoire courte pour croire en cela !

En cela, il a toujours été l’opposant le plus en vue du régime de Macky SALL, tirant à hue et à dia de manière constante là où les autres ont manqué de continuité ou de consistance même si, avouons-le ces critiques avait un air de stérilité tant il n’y avait pas d’occasion peut-être à faire des propositions car pour ce qui est du constant, aucun poliTIcien n’a ni les moyens ni le pouvoir de restituer ce que le peuple vit car par la force des choses, il devient l’expert de ses propres problèmes et les restitue à sa manière : c’est cela la signification des différentes grèves qui ont secoué et continuent de secouer les fronts sociaux et économiques.

Mais considérons que l’intelligente proposition d’Idrissa est une réponse à jeu subtile du Président du Président de la République dont l’objectif est de rendre moins crédible l’image d’un incendiaire réfractaire à sa politique qui ne saurait que critique sans rien mettre en place des idées concrètes qui feraient avancer le pays.

Dès lors, pourquoi ne pas s’adresser au PDS, le parti-mère qui est non seulement mal en point mais a les moyens d’avoir plus d’attention à son appel et dont les effets feraient perdre à REWMI son statut d’opposant incontesté de première ligne?

Seulement dans ce jeu politicien où quelque part chacun se tient par la barbichette, qu’est ce que le peuple, les travailleurs et la jeunesse gagneraient à cette ronde de dupes d’aveugles, de sourds et de muets pour la préservation ou l’acquisition du pouvoir si leurs revendications prioritaires et essentielles ne connaîtraient pas une issue positives ?

Nous avons été un des premiers à poser les bases d’un dialogue national bien avant même le référendum du 20 Mars 2016 car il fait respirer la démocratie. Que les libéraux se retrouvent est une bonne chose si cela participe à une dépersonnalisation de la gestion et de l’animation du champ politique. Il en va de même de l’ensemble de la classe politique.

Mais avouons qu’aussi important que ce soit le bruit de cette classe politique, elle ne représente pas 5% des forces vives de la Nation. C’est pourquoi il y a une urgence à y associer les forces qui comptent sans que cela soit un moment de ne faire y rallier que ceux de ces mouvements réels qui sont chevauchés par les uns et les autres.

Oui le principe de la proposition du Président Idrissa SECK est une excellente chose car c’est le démarrage d’une façon de faire la politique aujourd’hui, autrement. Mais elle pèche par son air de copier-coller ne serait-ce que par sa méthode et par son organisation : elle ne semble pas répondre aux réalités socio-historiques et économico-environnementales de notre transition qui sera longue et difficile. Elle ne pose aucune question nouvelle de rupture par rapport à l’existant.

En effet, que nous voudrait la plus belle et la meilleure des architectures institutionnelles du monde, si elles n’intègre pas à prime abord ces questions non résolues depuis 1960 comme l’indépendance réelle du pouvoir judiciaire à partir d’un équilibre avec l’ Exécutif et le pouvoir législatif ?

Pourquoi les partis politiques n’inscrivent pas et ne se battent contre les méfaits du franc CFA qui perpétuent un rapport colonial d’un autre âge ?

Quid des APE qui ne semblent intéresser personne et qui programment d’office la mort de notre économie et en général de toute notre production ?…

Sékou Diabaté

Président de la coordination des sénégalais de l’extérieur

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